L’addiction à la cigarette : les mécanismes de la dépendance

addiction au tabac

L’addiction à la cigarette : les mécanismes de la dépendance

Aujourd’hui 31 mai c’est la journée mondiale sans tabac. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) estime que d’ici 2020, l’addiction à la cigarette et le tabac sera la principale cause de décès et d’handicap, avec plus de 10 millions de victimes par an. Le tabagisme entrainera alors plus de décès à travers le monde que le Sida, la turberculose, la mortalité maternelle, les accidents de voiture, les suicides et les homicides combinés…
Quel fumeur ne s’est pas dit un matin « demain j’arrête la cigarette ! » et le lendemain face au manque, il re-craque. Mais pourquoi est-ce si difficile d’arrêter de fumer. Il faut prendre en compte deux dimensions : la dépendance physique et puis le facteur psychologique lié à l’addiction.

Comprendre son addiction au tabac

addiction au tabacD’un point de vue physique, il y a toute une mécanique derrière ces bouffées de cigarettes.  Lorsque la fumée de la cigarette est inhalée la nicotine est absorbée par les capillaires sanguins des poumons et parvient en l’espace d’une vingtaine de seconde au cerveau. La nicotine a un énorme rôle à jouer dans l’addiction. C’est une molécule qui agit sur notre cerveau. Elle a les propriétés de se fixer à des récepteurs qui, après plusieurs enchainements, libère une hormone : la dopamine. Cette dopamine s’active dans une zone du cerveau très précise et stimule le sentiment de satisfaction et de bien être. Cette dopamine est d’ailleurs sécrétée dans d’autres actes « plaisirs » de notre quotidien.
Lorsque le corps réclame sa dose de nicotine c’est l’état de manque. « La douleur du manque est apaisée en sept secondes et donne une sensation de plaisir, d’où la difficulté de résister à la tentation», précise Marion Adler, tabacologue à l’hôpital Antoine-Béclère de Clamart.
Fumer une cigarette procure donc en quelques secondes une sensation agréable et addictive. Il en est plus difficile d’arrêter. La cigarette est souvent associée également à un moment de détente. Pour de nombreux consommateurs, la cigarette du soir après diner est celle qui est le plus difficile à arrêter.
La dépendance se fait donc tout d’abord ressentir physiquement puis aussi psychologiquement.

Gestuelle de la cigarette

Au delà de la dépendance physique, la cigarette s’accompagne aussi de toute une gestuelle, de « manies » et de rituels de la part des consommateurs. On remarque d’ailleurs le succès de la cigarette électronique qui remporte un grand succès en raison de la similarité du geste de fumer quasiment identique.
On parle de dépendance psychologique. On a son briquet fétiche, c’est le moment idéal pour casser l’ennui, le stress ou pour se dégourdir les jambes après un long repas familial. Il y a toujours une bonne raison pour fumer. Ce geste, qui en psychologie, s’apparente au stade orale du nouveau né est réconfortant et « réconforteur ». L’oralité du geste est très importante. Elle nous revoit à des besoins archaïques. Cela nous fait du bien clairement en dépit de la conscience que cela nuit à notre santé.
C’est un geste finalement interdit qui démarre le plus souvent à l’adolescence et qui s’installe dans un quotidien bien huilé : la cigarette après manger, le café, le soir…
Cependant nous sommes très inégaux face à l’addiction et la dépendance tabac. Il semblerait que certains facteurs génétiques prédisposent à une addiction durable à la cigarette.

En conclusion, l’addiction à la cigarette va bien au-delà d’une simple réaction chimique. Il reste difficile d’estimer dans quelle mesure peut-on d’abord parler d’une dépendance comportementale plus que chimique et cela dépend aussi de chaque individu.

  • Merci pour cet article est très bien fait. On comprend bien ici les deux dépendances tabagiques qui coexistent, la dépendance physique et la dépendance psychologique. J’imagine que l’addiction physique doit être le plus grand frein pour beaucoup. Comment vivre au quotidien sans la satisfaction et la relaxation que procure la cigarette ? Le cigarette électronique est peut-être un bon moyen de diminuer sa consommation de cigarette par paliers. Le sevrage tabagique progressif est surement moins contraignant et impactant pour le moral que l’arrêt du jour au lendemain.

  • Yoann [admin]

    @Léa Santé

    La cigarette électronique est effectivement un bon moyen de sevrage tabagique progressif. En revanche même si on retrouve la gestuelle, on vapote plus régulièrement que l’on fume de cigarette. Il est important de s’imposer, dans son usage, une certaine discipline pour éviter une absorption trop importante de nicotine.